Endeuillés – Témoignages

Dominique, 30 ans, s’entend dire par une amie : « je crois que tu fais un deuil pathologique », parce qu’elle pleure encore beaucoup un an après la mort brutale de sa mère, à 52 ans. « Cela m’a révoltée et j’avais envie de lui mettre une claque », dit-elle. « Alors oui je ris, j’écris, je vois mes ami(e)s, ma vie est riche de rencontres et de temps forts ; je suis attentive aux changements de saison et de lumière, témoigne Claire, 65 ans, dont le fils a mis fin à ses jours il y a plus de cinq ans. Et partout, toujours, dans un espace spécialement aménagé, une fine présence, lumineuse ; celle de l’absent. »
« Il y a douze ans, Philippe, 55 ans, perd son épouse âgée de 46 ans des suites d’un cancer incurable. « J’ai mis plusieurs semaines à réaliser que je ne la verrais plus. J’ai bien compris la mort, mais dans un déni subtil, j’en ai occulté les conséquences. Sa disparition m’a jeté sur une plage inconnue et austère, un lieu à découvrir, dont il fallait apprivoiser les formes et les règles. »