Endeuillés – Que proposons-nous?

Le deuil est à la fois un état « je suis en deuil » et un processus « faire son deuil » :

  • Le deuil est un état, terme qui vient du latin « dolus » la douleur, on pourrait dire « je suis dans la douleur ».
  • Le deuil est un processus, c’est-à-dire un phénomène qui se déroule dans le temps, avec un début, une fin et des étapes à franchir. C’est pourquoi l’on parle de « travail de deuil ».

Le travail de deuil = expression qui a été créée par Sigmund FREUD en 1917 dans son article « Deuil et mélancolie ». La définition que Freud donne du deuil est la suivante : « Le deuil est régulièrement la réaction à la perte d’une personne aimée ou d’une abstraction mise à sa place, la patrie, la liberté, un idéal, etc. »

Le travail de deuil va consister à se détacher progressivement de « l’objet » perdu. Au début l’endeuillé s’y refuse, il cultive le souvenir du disparu, c’est une lutte active contre oubli, d’ailleurs les endeuillés n’aiment pas cette expression « faire son deuil » car c’est comme si on leur demandait d’oublier la personne aimée, ce qui est impossible.

Pour illustrer le travail de deuil, voici l’image du sac de billes : au départ, on a un sac de billes et on met toutes nos billes dans la relation à la personne aimée. Le travail de deuil va consister à récupérer ces billes, une par une, sachant qu’au final on n’en récupérera pas la totalité, il y en a quelques-unes qui seront perdues à tout jamais, parties avec le disparu.

C’est ce qui fait dire aux endeuillés qu’ils ont l’impression d’être amputés d’une partie d’eux-mêmes ou bien qu’une partie d’eux est morte avec le défunt. Pour autant le deuil n’est pas une dépression, même si il y a une phase dépressive normale au cours du deuil, le deuil n’est pas une maladie.

On ne sera jamais tout à fait la même personne après un deuil, il y a un avant et un après.  Mais le deuil n’est pas que « perte », il est aussi « enrichissement », une fois réalisé, il permet de se reconstruire, d’évoluer, de changer, de grandir … Par exemple, on peut considérer le décès d’un père ou d’une mère et le travail de deuil qui s’en suit comme une véritable étape de maturation.

Dans nos sociétés modernes, les personnes en deuil sont confrontées à une certaine solitude, en partie parce que l’on connaît mal le processus de deuil, sa durée, ses manifestations, les besoins des endeuillés et que, de ce fait, ils sont victimes d’une double peine :

  • La peine d’avoir perdu un être cher,
  • Et la deuxième peine, celle de devoir traverser cette épreuve dans l’incompréhension générale, y compris leur propre incompréhension car les endeuillés eux-mêmes ont du mal à comprendre ce qui leur arrive.

C’est la raison pour laquelle l’association « Jour après Jour » propose aux endeuillées des rencontres individuelles ou en groupe afin de partager leur expérience, de s’entraider et d’avancer sur le chemin du deuil.